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Services de santé de qualité

10 août 2020

Principaux faits

  • Les objectifs de développement durable (ODD) mettent en avant la qualité en tant qu’élément central de la couverture sanitaire universelle (CSU). Ainsi, dans la cible 3.8 des ODD, les pays sont appelés à instaurer la CSU, y compris une protection contre les risques financiers et un accès à des services de santé essentiels de qualité.
  • Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI), entre 5,7 et 8,4 millions de décès (soit non moins de 15 % du total) sont imputables chaque année à des soins de mauvaise qualité.
  • Dans les PRFI, 60 % des décès dus à des affections nécessitant des soins tiennent à la mauvaise qualité des soins tandis que les décès restants résultent du non-recours au système de santé.
  • Chaque année, l’insuffisance de la qualité des soins entraîne entre 1400 milliards USD et 1600 milliards USD de pertes de productivité dans les PRFI.
  • Dans les pays à revenu élevé, 1 patient sur 10 subit un préjudice lors de l’hospitalisation et 7 patients hospitalisés sur 100 risquent de contracter une infection associée aux soins.
  • D’après les estimations, des systèmes de santé de qualité permettraient, chaque année, de prévenir 2,5 millions de décès dus aux maladies cardiovasculaires, 900 000 décès dus à la tuberculose, 1 million de décès néonatals et la moitié de tous les décès maternels.
  • À l’échelle mondiale, les structures essentielles pour des soins de qualité sont insuffisamment développées : 1 établissement de santé sur 8 n’a pas de service d’eau, 1 sur 5 n’a pas de service d’assainissement, et 1 sur 6 ne dispose pas d’installations d’hygiène des mains aux points de soins.
  • D’après les estimations, 1,8 milliard de personnes, soit 24 % de la population mondiale, vivent dans des contextes de fragilité où il est difficile de dispenser des services de santé essentiels de qualité. Une part importante des décès de mères, d’enfants et de nouveau-nés survient dans ces situations.

Qu’est-ce que la qualité des services de santé?

On entend par qualité des soins la mesure dans laquelle les services de santé pour les individus et les populations augmentent la probabilité d’obtenir les résultats sanitaires escomptés et sont conformes aux connaissances professionnelles à bases factuelles dont on dispose. Telle que définie ici, la qualité des soins recouvre la promotion, la prévention, le traitement, la réadaptation et les services palliatifs. Celle-ci doit pouvoir être mesurée et continuellement améliorée moyennant la prestation de soins fondés sur des données probantes et tenant compte des besoins et des préférences des utilisateurs des services (patients, familles et communautés).

De nombreux éléments nécessaires à cette qualité ont été mis en avant ces dernières décennies. Un consensus clair se dégage aujourd’hui, selon lequel des services de santé de qualité devraient être :

  • efficaces, c’est-à-dire reposer sur des bases factuelles et être fournis à ceux qui en ont besoin ;
  • sûrs, c’est-à-dire ne pas entraîner de préjudice pour ceux à qui ils sont destinés ;
  • centrés sur la personne, c’est-à-dire que les soins devraient être adaptés aux préférences, aux besoins et aux valeurs individuels et être intégrés à des services de santé structurés autour des besoins de la population ;
  • fournis en temps utile, en réduisant les délais d’attente et les retards qui peuvent porter préjudice à ceux qui reçoivent et prodiguent des soins ;
  • équitables, en assurant la même qualité de soins indépendamment de l’âge, du sexe, du genre, de la race, de l’origine ethnique, de la situation géographique, de la religion, du statut socioéconomique et des affiliations linguistiques ou politiques ;
  • intégrés, en assurant des soins qui soient coordonnées entre les différents niveaux et prestataires et en mettant à disposition l’ensemble des services de santé tout au long de la vie ; et
  • efficients, en optimisant les ressources disponibles et en évitant le gaspillage.

Une grande part des dimensions qualitatives présentées ci-dessus sont intimement liées aux principes éthiques. 

Couverture sanitaire universelle et qualité : un engagement mondial

L’objectif général de la CSU est de faire en sorte que toutes les personnes qui ont besoin de services de santé puissent recevoir des soins de qualité sans connaître de difficultés financières. Les services de santé de qualité (recouvrant la promotion, la prévention, le traitement, la réadaptation et les soins palliatifs) font donc partie de la définition même de la CSU. Même en améliorant l’accès aux services, les améliorations sanitaires requises ne sauront être obtenues si ces services ne sont pas de qualité suffisante pour être efficaces.

La Déclaration politique des Nations Unies sur la CSU, adoptée par les dirigeants mondiaux en septembre 2019, a réaffirmé l’engagement à faire progressivement en sorte qu’un milliard de personnes supplémentaires accèdent, d’ici à 2023, à des services de santé essentiels de qualité, en vue de parvenir à une couverture universelle d’ici à 2030.

Agir pour la qualité

Des services de santé de qualité sont le produit du système de santé au sens large et de l’action des prestataires de soins et des autres personnes qui travaillent dans ce système. L’OMS, l’OCDE et la Banque mondiale ont proposé une série de mesures que les principaux groupes d’acteurs (gouvernements, systèmes de santé, citoyens et patients et agents de santé) doivent prendre ensemble, en première ligne, pour atteindre l’objectif d’une prestation de services de santé de qualité.

Orientations stratégiques nationales sur la qualité : Les politiques et les stratégies nationales visant à améliorer la qualité des soins forment de solides fondations pour améliorer la qualité à l’échelle du système de santé et doivent être en totale adéquation avec les politiques de santé et la planification sanitaire plus larges en vigueur au niveau national. Au cœur des politiques et des stratégies nationales figure un ensemble pragmatique d’interventions correspondant aux mesures à prendre à l’échelle du système de santé pour façonner l’environnement du système, réduire les effets dommageables, améliorer les soins cliniques et associer les patients, les familles et les communautés. Une liste indicative d’interventions de qualité pour chacun de ces domaines à la disposition des pays qui le souhaitent.

Qualité à l’échelle du système de santé : En plus de politiques propices, la fourniture de services de qualité doit s’appuyer sur une bonne gouvernance ; des personnels de santé qualifiés, compétents, soutenus et motivés ; des mécanismes de financement qui rendent possibles et encouragent des soins de qualité ; des systèmes d’information assurant un suivi continu permettant d’apprendre et d’améliorer les soins ; des médicaments, des dispositifs et des technologies qui soient disponibles, sûrs et correctement réglementés ; et des établissements de soins accessibles et bien équipés.

Soins de santé primaires de qualité : Les soins de santé primaires sont essentiels pour instaurer une couverture sanitaire universelle de qualité. Les trois piliers interdépendants des soins de santé primaires – l’autonomisation des personnes et la mobilisation des communautés ; l’action multisectorielle pour la santé ; et des services de santé visant prioritairement à fournir des soins primaires de qualité et à assurer les fonctions de santé publiques essentielles – doivent tous être examinés attentivement sous l’angle de la qualité.

Suivi et évaluation : La qualité doit être constamment mesurée et suivie en vue d’obtenir des améliorations. Il faut pour cela s’appuyer sur des données fiables, exploitables et communiquées en temps utile. L’intégration des efforts mondiaux et nationaux de mesure est essentielle pour garantir que les pays recueillent les données nécessaires et s’en servent pour transformer et améliorer leurs systèmes de prestation de services. Les systèmes de notification des événements indésirables et d’apprentissage consécutif jouent un rôle central à cet égard.

Mise en commun et apprentissage : Outre la mesure des principaux indicateurs utiles à améliorer les services, il faut recueillir et échanger des enseignements et des données d’expérience sur la qualité, au niveau national et avec les autres pays, afin de s'enrichir mutuellement et de stimuler le processus d’apprentissage. Ces connaissances, issues des pays à tous les niveaux du système de santé, doivent être partagées à l’échelle mondiale et au sein du système de santé local.

Des systèmes de santé résilients et de qualité : La qualité et la résilience sont des notions étroitement liées. Pour qu’un système de santé soit considéré résilient, il doit assurer des services de santé de qualité avant et pendant une urgence de santé publique et améliorer ces services une fois la crise terminée. Il est indispensable de disposer de services de santé de qualité lors des situations d’urgence, car ceux-ci servent d’interface entre les communautés et le système de santé.

Enfin, partout dans le monde, la prestation de services doit être fondamentalement revue afin que des services de qualité soient dispensés avec compassion en mettant l’accent sur les besoins des personnes et des communautés. On a pu voir dans plusieurs cas de figure qu’agir ainsi améliore les résultats.

Action de l’OMS

L’OMS collabore avec les États Membres et avec ses partenaires afin de garantir que la qualité des services de santé soit un volet central et faire de la CSU une réalité.

En particulier, l’OMS :

  • apporte son soutien aux pays pour élaborer, améliorer et mettre en œuvre des politiques et des stratégies nationales en matière de qualité, dans l’optique d’une approche intégrée pour des services de santé de qualité ;
  • travaille avec ses partenaires et un réseau de pays pour apprendre comment améliorer la qualité des soins pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, à l’échelle voulue et de manière pérenne ;
  • met en place les fondements techniques nécessaires pour améliorer la qualité des soins dans les contextes de fragilité, de conflit et de vulnérabilité ;
  • renforce les capacités de lutte anti-infectieuse parallèlement aux efforts en faveur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, deux éléments centraux pour des services de santé de qualité ;
  • appuie les initiatives pour la sécurité des patients afin de réduire les préjudices subis par ceux-ci dans la prestation de services de santé essentiels de qualité ;
  • joue un rôle moteur pour élaborer des cadres d’évaluation et des indicateurs sur la qualité des soins et pour établir des rapports sur les progrès accomplis ;
  • soutient la mise en commun de leçons et de données d’expérience à l’intérieur des pays et entre eux, par l’intermédiaire du Laboratoire mondial d’apprentissage de l’OMS pour une CSU de qualité et en facilitant les jumelages pour améliorer la qualité des soins ; et
  • apporte un soutien aux pays désireux d’associer les populations à l’action engagée pour mettre en place des services de santé de qualité, centrés sur la personne et résilients.